La HAS recommande d'étendre le remboursement de l'IGRA pour quatre profils à haut risque : insuffisants rénaux sévères (stades 4-5), patients d'onco-hématologie, candidats à la greffe et avant thérapies ciblées.
Contexte et Objectif: Saisie par la Direction générale de la santé (DGS), la HAS évalue l’opportunité d’étendre la prise en charge à la nomenclature (NABM) des tests de mesure de libération d’interféron gamma (IGRA). L’objectif est d’harmoniser le dépistage de l’infection tuberculeuse latente (ITL) avec les préconisations du HCSP chez les patients présentant une altération de l’immunité cellulaire acquise ou prévisible liée à l’instauration d’un traitement.
Arguments scientifiques et techniques:
- –Haute spécificité : Les tests IGRA ciblent des antigènes mycobactériens (ESAT-6, CFP-10) absents des souches vaccinales du BCG et des principales mycobactéries environnementales, limitant drastiquement les faux positifs par rapport à l’intradermoréaction (IDR)
- -Intérêt lors d’un défaut de réponse immunitaire : L’intégration d’un contrôle positif (mitogène) valide la capacité de réponse globale des lymphocytes T, permettant d’identifier une anergie immunitaire fréquente chez l’immunodéprimé et d’écarter les faux négatifs indétectables in vivo.
- –Standardisation analytique : Le dosage in vitro de l’interféron gamma (par ELISA, CLIA, ELFA ou ELISPOT) offre une quantification objective et automatisée, supprimant la subjectivité inter-opérateur de l’IDR et le risque clinique de perdus de vue.
-> Décision officielle: Dans la continuité des indications historiques maintenues à la NABM (VIH, anti-TNF-α, anti-JAK), la HAS émet un avis favorable à l’élargissement de la prise en charge des tests IGRA aux insuffisants rénaux chroniques (stades 4 et 5), aux patients atteints d’hémopathies malignes ou de tumeurs solides sous immunosuppresseurs, aux candidats aux greffes (CSH, organes), et avant l’instauration de nouvelles thérapies ciblées (anti-IL-1, IL-6R, IL-12/23, IL-17, anti-intégrines, etc.)
Pour aller plus loin: L’utilisation des tests IGRA est à privilégier en première intention car facilement intégrable au bilan biologique sanguin de suivi. Cependant, dans certaines situations cliniques à très haut risque de réactivation tuberculeuse, la HAS soutient une stratégie combinée associant le test IGRA et l’IDR afin de maximiser la sensibilité diagnostique globale et de limiter les faux négatifs.
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