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Néphropathies indéterminées de l’adulte

La néphropathie d’origine indéterminée (ou CKDx) constitue la troisième cause d’insuffisance rénale chronique sévère chez l’adulte en France, représentant 15 à 25 % des patients au stade terminal.
 
Elle concerne des adultes de tous âges et se manifeste le plus souvent de manière insidieuse par une baisse progressive du débit de filtration glomérulaire, associée ou non à une hypertension artérielle, une protéinurie modérée ou des anomalies discrètes du sédiment urinaire.
 
Le diagnostic a longtemps été un diagnostic d’élimination reposant sur des biopsies rénales souvent non contributives ou montrant des lésions aspécifiques (telles que la néphroangiosclérose ou la hyalinose segmentaire et focale).
 
Cependant, l’avènement du séquençage génétique à haut débit (exome, génome) a profondément modifié la stratégie diagnostique, permettant désormais d’identifier une cause monogénique sous-jacente chez 10 à 30 % des patients de manière non invasive.

Bilan biologique diagnostique

1ère intention: Dépistage

Créatinine et filtration glomérulaire calculée

Évaluation globale de la fonction rénale et de la masse néphronique fonctionnelle

 

Protéines urinaires sur échantillon – Albuminurie

 La comparaison (Rapport: Albuminurie/Créatininurie)/(Rapport Protéinurie/Créatininurie) permet de déterminer l’origine de la fuite : si Albuminurie > 60 % du RPC total = atteinte glomérulaire ; si Albuminurie < 40–50 % = protéinurie de bas poids moléculaire d’origine tubulaire proximale).

 

ECBU (2ème jet)

Éliminer formellement une infection du tractus urinaire


Ionogramme sanguin

Dépistage des dyskaliémies : orientation vers une perte sodée/potassique tubulaire comme dans les syndromes de Bartter/Gitelman, ou vers une hyperkaliémie dissociée associée au gène REN

 

Réserve alcaline 

Dépistage d’une acidose métabolique hyperchlorémique orientant vers une acidose rénale tubulaire distale ou proximale

 

Cytologie urinaire 

Confirmation d’une hématurie microscopique,identification d’hématies dysmorphiques/cylindres hématiques orientant vers une glomérulopathie, ou de cylindres leucocytaires/granuleux orientant vers une atteinte tubulo-interstitielle

2ème intention : Confirmation, panel spécialisé, typage, analyses ciblées et génétiques (Consultation spécialisée)

Cystatine C sanguine 

Indiquée pour confirmer le stade réévalué de l’IRC en cas de sarcopénie, d’amyotrophie, de masse musculaire atypique ou de discordance entre la créatininémie et la clinique

Bêta 2 microglobuline urinaire 

(Marqueur d’atteinte tubulaire proximale, indiqué devant une hypercalciurie ou néphrocalcinose pour évoquer une maladie de Dent – gènes CLCN5/OCRL).

Magnésium

Indiquée en cas de suspicion de tubulopathie génétique : gènes HNF1B, SLC12A3/Gitelman, CLDN16, CLDN19, TRPM6, CNNM2, KCNJ10, FXYD2, 22q11.2, GATA3/HDR

Acide urique – Fraction d’excrétion de l’acide Urique (FEUA)

Une FEUA effondrée < 4–5 % associée à une hyperuricémie ou une goutte précoce < 30–40 ans est un signe direct de tubulopathie proximale héréditaire type ADTKD – gènes UMOD, MUC1, REN ; ou HNF1B

Phosphate – Taux de réabsorption tubulaire du Phosphate (TmP/DFGe)

Un TmP/DFGe effondré confirme une fuite phosphate d’origine tubulaire, orientant vers un rachitisme hypophosphatémique – gène PHEX – ou un syndrome de Fanconi – cystinose, gène HNF4A, cytopathies mitochondriales).

Calcémie
Calciurie
Parathormone (PTH)
1,25 dihydroxy vitamine D
Vitamine D

Exploration d’une hypercalciurie/néphrocalcinose – gènes CYP24A1, SLC34A1, SLC34A3 – ou identification d’une PTH inadaptée évoquant un syndrome 22q11.2 ou HDR/GATA3

Aspartate aminotransférase (ASAT)
Alanine aminotransférase (ALAT)
Bilirubine totale et conjugué
Gamma glutamyltransférase (GGT)

Identification d’une cholestase anictérique ou cytolyse orientant vers les gènes HNF1B, PKD1/2, PKHD1, Alagille – JAG1/NOTCH2 – ou des ciliopathies NPHP/TTC21B/WDR19)

Analyse morphoconstitutionnelle d’un calcul

Typage physique précis des lithiases : diagnostic formel d’un calcul de type Ic en cas d’hyperoxalurie primitive ou confirmation d’une cystinurie

Cholestérol total – Triglycérides – HDL-Cholestérol – LDL-Cholestérol 

Un taux de HDL-cholestérol effondré ou indétectable oriente directement vers un déficit constitutionnel en LCAT – Lecithin-Cholesterol Acyltransferase).

Glucose à jeun – Hémoglobine A1c – AutoAnticorps du diabète 

La négativité des auto-anticorps chez un patient non obèse avec diabète familial confirme la suspicion de diabète monogénique MODY5 – HNF1B ou cytopathie mitochondriale m.3243A>G

Numération formule sanguine (NFS)
Recherche de schizocytes
LDH
Haptoglobine 

Identification d’une anémie hémolytique mécanique avec schizocytose et thrombopénie signant une MicroAngiopathie Thrombotique / MAT

Erythropoïétine (EPO)

Une polyglobulie liée à une surproduction d’EPO oriente vers une maladie de Von Hippel-Lindau – VHL).

Anatomopathologie sur Biopsie rénale (Microscopie optique / Immunofluorescence)

Séquencage Pangénomique de 1ère intention: Séquencage de l’exode (WES) ou du génome (WGS) 

Stratégie diagnostique de première intention chez l’adulte pour explorer l’ensemble des gènes de néphropathies en raison de l’hétérogénéité phénotypique

Séquencage ciblé par panel élargi de gènes de néphropathies 

Lorsque l’accès au séquençage pangénomique est restreint

Bilan de retentissement

Créatinine et filtration glomérulaire calculée

(Évaluation de la vitesse de progression de l’insuffisance rénale et classification du stade de MRC de 1 à 5).

 

Réserve alcaline et ionogramme sanguin 

Évaluation de la sévérité de l’acidose métabolique et du retentissement hydro-électrolytique

 

Bilan phosphocalcique :Calcémie – Calciurie – Parathormone (PTH) –  – Vitamine D

Dépistage de l’hyperparathyroïdie secondaire et de l’ostéodystrophie rénale.

 

Numération Formule Sanguine (NFS) 

Dépistage de l’anémie centrale normocytaire normochrome par déficit de synthèse d’érythropoïétine / EPO

Bilan de suivi et signes d'alerte

Créatininémie et filtration glomérulaire calculée 

Réserve alcaline 

Ionogramme sanguin 

Rapport Protéinurie/Créatininurie 

Signes d’alerte : 

Suspicion de Microangiopathie Thrombotique (MAT) : Plaquettes sanguines -Recherche de Schizocytes -LDH – Haptoglobine – Bilirubine Libre 

Suspicion de Décompensation Tubulaire Aiguë sous néphroprotection : Ionogramme Sanguin – Créatininémie et filtration glomérulaire calculée 

Suspicion de Poussée Néphrotique Aiguë : Protides – Albumine – Rapport Protéinurie/Créatininurie

Suspicion de crise de goutte aiguë : Réserve alcaline – Acide urique

Sources

Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Néphropathies indéterminées de l’adulte Septembre 2026.

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