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Toxoplasmose pendant la grossesse : règles hygiéno-diététique et suivi sérologique

Les femmes enceintes non immunisées à la toxoplasmose sont à risque durant leur grossesse. La potentielle atteinte fœtale pouvant avoir des conséquences graves sur le développement du fœtus

Un suivi sérologique régulier et la mise en place de mesures hygiéno-diététiques préventives sont indispensables afin d’éviter le risque de contamination. Le dépistage permet proposer une prise en charge adaptée en cas de séroconversion maternelle au cours de la grossesse. 

Pour information, l’ANSES indique un risque de transmission de 29% en moyenne sur l’ensemble de la grossesse. En 2019, 133 toxoplasmoses congénitales ont été rapportées en France, dont 7 symptomatiques à la naissance et 5 décès. 

Histoire naturelle de la maladie

Si l’infection maternelle survient à un stade plus avancé de la grossesse, le risque de transmission de l’infection au fœtus augmente, mais la gravité des dommages causés au fœtus diminue à mesure que la grossesse progresse. Par exemple, lorsque l’infection survient à 13 semaines d’aménorrhée (SA), environ 6 % des fœtus sont touchés, mais la plupart présentent des formes graves de la maladie ou aboutissent à une perte du fœtus. En revanche, à 36 SA, plus de 70 % des fœtus sont exposés à l’infection, mais celle-ci se manifeste le plus souvent sous une forme bénigne, ne causant que des symptômes mineurs.

Pour les fœtus touchés, une infection précoce comporte un risque élevé de mortalité fœtale, ainsi que de graves complications telles que l’hydrocéphalie, la choriorétinite maculaire et des calcifications intracrâniennes isolées, entraînant des lésions neurologiques et oculaires.

Suivi sérologique de la toxoplasmose lors d'une grossesse

Dépistage au premier examen prénatal

Détermination du statut immunitaire maternel à réaliser en cas d’absence de résultats écrits prouvant l’immunité. 

Résultat séropositif au dépistage

En cas de présence d’IgG+ et d’IgM+ spécifiques,, nécessité de datation de l’infection. La datation repose sur l’avidité des IgG. Un indice élevé d’avidité lors du premier trimestre permet d’éliminer une infection récente en début de grossesse. 

Résultat séronégatif au dépistage

Une sérologie toxoplasmique est à réaliser chaque mois, jusqu’à 1 mois après l’accouchement pour repérer une potentielle séroconversion tardive. 

Elle est à réaliser si possible dans le même laboratoire, et avec la même technique

En cas de séroconversion toxoplasmique

Orientation de la femme enceinte dans les plus brefs délais vers un centre clinique de référence reconnu dans le domaine de la toxoplasmose congénitale.

Les règles hygiéno-diététiques préventives contre la toxoplasmose

Recommandations générales

Lavage des mains systématique avec du savon durant 30 secondes avant et après les repas, après tout contact avec la terre, de la viande crue, des animaux, et après toute sortie en extérieur.

Lavage des surfaces de cuisine, plan de travail et ustensiles avant et après la préparation des repas, avec une eau portée à 70°C.

Rinçage systématique, à grande eau, et minutieux des herbes aromatiques, des fruits et des crudités souillés par la terre.

 Porter des gants lors d’activités de jardinage et éviter le contact direct avec la terre.

 

S’il y a présence d’un chat au domicile : éviter le changement de litière par la femme enceinte. Si ce n’est pas possible, porter des gants et se laver les mains après l’opération. Retirer quotidiennement les excréments du chat pour éviter le développement des œufs. Laver le bac à litière avec une eau dont la température excède 70°C. Les chats vivants strictement en intérieur et alimentés exclusivement avec des croquettes ou des pâtées du commerce ne sont pas concernés par ces mesures. 

Recommandations relatives à l'alimentation

Pour la viande rouge (bovine, porcine etc.) et les viandes blanches (volailles), réaliser une cuisson à plus de 70°C à coeur. Il ne doit plus y avoir de jus rosé.

Congeler les viandes à une température de -12°C durant 3 jours pour détruire efficacement les kystes.

En repas extérieur au foyer, préférer les légumes cuits aux crudités, et les viandes bien cuites.

À titre de précautions, éviter les viandes fumées, saumurées, marinées, le lait de chèvre cru, les huîtres, les moules et les autres mollusques consommés crus.

Préférer la consommation d’eau en bouteille. 

Recommandations supplémentaires pour le professionnel de santé

La femme enceinte doit être informée de manière complète de la nécessité de la sérologie toxoplasmique. Elle doit aussi être au courant des modalités du dépistage tout au long de la grossesse et au moment de l’accouchement.

 

La haute autorité de santé (HAS) a émis la recommandation qu’en cas de difficultés d’interprétations des sérologies et de la datation de la séroconversion toxoplasmique, les sérums doivent être envoyés à un laboratoire spécialisé.

 

En cas de séroconversion, le professionnel de santé se doit d’apporter une information adaptée, complète et concise à la femme enceinte sur les conséquences potentielles pour l’enfant à naître, sur les avantages et inconvénients des traitements prénatals. Une amniocentèse peut être envisagée en expliquant les avantages et les risques, en tenant compte des aspects psychologiques, et en conseillant la prise en charge la plus adéquate.

Sources

1. Surveillance sérologique et prévention de la toxoplasmose et de la rubéole au cours de la grossesse – synthèse, octobre 2009, HAS

2. Mesures de prévention primaire de la toxoplasmose recommandées par l’Afssa, 2005 

3. Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à la mise à jour des fiches de description de danger biologique transmissible par les aliments, juillet 2021

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