Blog

Thrombocytose : Exploration biologique

La découverte d’une thrombocytose de l’adulte (définie par des plaquettes > 450 G/L) impose une démarche diagnostique rigoureuse et hiérarchisée pour distinguer les causes secondaires des authentiques hémopathies clonale.
 
Dès la première intention, le biologiste médical doit éliminer une fausse thrombocytose liée à un artéfact analytique puis identifier rapidement une origine secondaire. En effet, près de 80 à 90 % des hyperplaquettoses sont réactionnelles. Le bilan initial couple l’observation du frottis sanguin au dépistage des causes les plus fréquentes à l’aide de marqueurs simples. Cette stratégie permet d’affirmer l’origine bénigne de l’anomalie, dont le risque thrombotique spontané est très faible, et d’éviter des explorations invasives inutiles.
 
En deuxième intention, face à une thrombocytose persistante et inexpliquée, l’exploration s’élargit pour affirmer ou infirmer une origine primitive (environ 10 % des cas) de type Néoplasie Myéloproliférative (NMP). Le diagnostic requiert alors l’appui de la biologie moléculaire spécialisée (recherche des mutations JAK2, CAL-R, MPL et du réarrangement BCR-ABL) couplée à l’histologie (biopsie ostéomédullaire). Cette démarche de précision est cruciale pour classifier la pathologie clonale (Thrombocythémie Essentielle (TE), Myélofibrose (MFP) , Leucémie Myéloïde Chronique) et anticiper les complications majeures (thromboses ou risque hémorragique par maladie de Willebrand acquise si plaquettes > 1 000 G/L), garantissant ainsi une orientation thérapeutique et hématologique adaptée.
 

Bilan biologique diagnostique

1ère intention : Recherche des diagnostics différentiels

Numération formule sanguine (NFS)

Frottis sanguin
pour la recherche de corps de Howell-Jolly (signant une asplénie/hyposplénisme, cause majeure de thrombocytose). et /ou Recherche de signes de Syndrome Myéloprolifératif (plaquettes géantes, dysplasie).

CRP 
Diagnostic d’une thrombocytose réactionnelle à un état inflammatoire aigu ou chronique

Ferritine
à la recherche d’une carence martiale. Le déficit en fer stimule la mégacaryopoïèse et provoque une thrombocytose réactionnelle fréquente.

2ème intention : Recherche d'une origine primitive

Mutation JAK2 V617F
C’est le marqueur de clonalité majeur. Il est présent dans environ 96 % des PP, et dans 60 à 65 % des TE et des MFP. Sa présence affirme un syndrome myéloprolifératif, mais ne permet pas à elle seule de différencier une TE d’une PP ou d’une MFP.
Non remboursé

Recherche du réarrangement BCR-ABL
recherche d’une Leucémie Myéloïde Chronique (LMC) qui peut se présenter sous une forme de thrombocytose isolée. L’OMS exige formellement d’éliminer la LMC avant de poser un diagnostic de TE.

Mutation CALR 
en cas de négativité de la recherche de JAK2 V617F . Elles sont présentes dans 20 à 25 % des TE et 25 à 30 % des MFP.
Non remboursé

Mutation du gène MPL
en cas de double négativité JAK2V617F / CAL-R. Elles sont retrouvées dans environ 4 à 5 % des TE et MFP. Comme pour CAL-R, la présence d’une mutation MPL élimine une Polyglobulie Primitive.
Non remboursé

Cet article vous a-t-il été utile ?

Donnez-nous votre avis

Comment pouvons-nous améliorer cet article ?

> Imprimer la page